Huon_julesHuon Jules Eugène est né le 2 janvier 1882 à 9 heures du matin au 53, de la rue Colbert à Rethel (Ardennes) au domicile de ses parents.

Le 2 janvier 1882, son père est tisseur et sa mère ménagère au foyer familial.

Ses parents se sont mariés à Herpy-l’Arlésienne (Ardennes) le 27 décembre 1873.

Au jour de leur mariage, son père Huon Pierre Clovis né le 20 juillet 1850 à Sault Saint Rémy (Ardennes) est tisseur à Sault Saint Rémy et sa mère Fontaine Marguerite Amélie née le 23 avril 1848 à Herpy (Ardennes), est couturière à Herpy.

Des actes d’état-civil établis les 3 octobre 1874 et 5 août 1875 nous indiquent qu’ils demeurent à Sault Saint Rémy, lui étant tisseur et elle ménagère au foyer familial.

Le 24 juin 1880, le ménage habite au 55, de la rue Colbert à Rethel puis gagne Boult sur Suippes (Marne) pour demeurer rue du Pavé. C’est dans cette commune qu’ils demeurent encore les 27 septembre 1890 et 12 juin 1891, leur activité étant inchangée.

Le 30 avril 1896, le couple habite rue du Pré à Warmériville (Marne). Victor Huon est alors ouvrier de filature aux Etablissements Harmel, rue des Censes.

 Fontaine Amélie décède à Warmériville le 27 septembre 1897.

Huon Victor se remarie à Warmériville le 29 juillet 1899 avec Lambert Marie Arsène née le 7 novembre 1853 à Château-Porcien (Ardennes). Ils sont tous les deux employés à la filature de laine Harmel, lui au titre de rattacheur et elle de soigneuse. Cette situation est confirmée par le recensement de population de Warmériville du 30 avril 1901(ils habitent à cette date, rue des Marais).

 Lambert Marie Arsène décède le 18 février 1914 à l’Hospice départemental, faubourg de Laneuville à Laon (Aisne). Elle est alors veuve.

Le soldat Huon Jules Eugène aura pour frères et sœur:

  • Huon Rémi Nicolas Emmanuel né le 3 octobre 1874 à Sault Saint Rémy et décédé au dit-lieu le 5 août 1875;
  • Huon Jeanne Théodorine née le 24 juin 1880 à Rethel et décédée au dit-lieu le 31 juillet de la même année;
  • Huon Louis Gaston né le 30 juillet 1883 à Rethel et décédé le 28 mai 1916 à Bouy (Marne). Mort Pour La France.

Huon Jules Eugène passe son enfance auprès de ses parents puis engage des études ecclésiastiques à Reims.

D’abord séminariste, il est ordonné prêtre le 17 juin 1905 puis nommé par décision des vicaires capitulaires, professeur à l’Institution Saint-Rémi de Charleville (Ardennes) le 7 octobre 1905. Il habite alors 8, place Carnot à Charleville.

Le 10 septembre 1910, par décision de l’Archevêque de Reims Mgr le Cardinal Louis Joseph Luçon, il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Maurice de Reims. Il habite alors 137, rue du Barbâtre à Reims.

Le 4 octobre 1913, il quitte la paroisse Saint-Maurice de Reims et est nommé par le cardinal de Reims curé à Montigny-sur-Vesle. C’est dans cette commune marnaise qu’il exercera son ministère jusqu’au jour de sa mobilisation pour la Grande Guerre.

Le 20 janvier 1903, inscrit numéro 2169 sur la liste de tirage au sort de la commune de Warmériville, Jules Huon se présente à la séance du Conseil de Révision Militaire de la classe 1902. Au l’issue de cette séance il est déclaré « Bon pour le service armé ».

A l’issue de la sélection faite par le Conseil de Révision, Jules Huon est inscrit au registre de Recrutement de Reims, classe 1902, canton de Bourgogne, sous le matricule personnel n° 220.

Toutefois pour lui permettre d’achever ses études ecclésiastiques, il demande à bénéficier des dispositions de l’article 23 de la Loi du 17 juillet 1889.

En effet le jeune conscrit qui se trouve en cursus d’études supérieures au moment de son appel en révision (instituteur, ecclésiastique, médecin, ingénieur des hautes écoles comme l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures…) peut s’il le souhaite n’effectuer que la première de ses 3 années de service militaire dans un corps de troupe puis par un engagement volontaire complémentaire, poursuivre ses études et son instruction militaire. (qui le préparera également à un grade d’officier de réserve).

C’est ainsi que Jules Huon souscrit le 13 novembre 1901 à la mairie de Reims un engagement volontaire pour 3 ans et demande à être incorporé au 132ème Régiment d’Infanterie de Reims qu’il rejoint le 13 novembre 1901 comme soldat de 2ème classe, sous le numéro matricule régimentaire 3864.

Ayant satisfait à sa première année de service militaire, il quitte le 132ème Régiment d’Infanterie le 21 septembre 1902 en bénéficiant d’un Certificat de Bonne Conduite .

De retour à la vie « civile », Jules Huon termine ses études mais reste à la disposition de l’Armée notamment pour effectuer des périodes d’exercices militaires obligatoires qu’il fera du :

-25 août au 21 septembre 1904 à la 6ème Section d’Infirmiers Militaires stationnée au camps de Châlons (Marne), sous le n° régimentaire 03751- (le 13 novembre 1904 pour tenir compte de son âge, les services de l’Armée le classeront dans la réserve de l’armée active);

-Appelé le 6 décembre 1906 pour effectuer une seconde période, il justifie de ses droits à la dispense comme ainé d’orphelins. Toutefois, en 1906 il ne produit pas un certificat nécessaire prescrit par le Ministère de la Guerre, perdant ainsi ses droits aux avantages offert par l’article 23 de la Loi du 17 juillet 1889 ( grade d’officier de réserve notamment).

-15 au 31 octobre 1910 à la 6ème Section d’infirmiers militaires stationnée au camps de Châlons (Marne), sous le même n° matricule qu’en 1904.

Rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale du 2 août 1914, Jules Huon rejoint le 3 août 1914 la 6ème Section* d’Infirmiers Militaires (6 S.I.M.) stationnée au camp de Châlons (appelé également camp de Mourmelon/Marne) .

Ayant pour matricule régimentaire le n° 2618, il fait partie de l’armée territoriale.

La 6ème S.I.M. est un élément dit non endivisionné (E.N.E.) mis au service des unités combattantes pour leur assurer les services liés à sa vocation, tout comme l’Artillerie, la Cavalerie, le Train des Equipages, la Gendarmerie etc… De ce fait les personnels de formation de santé sont affectés par définition aux Ambulances et postes de secours. Les autres personnels dont les brancardiers sont le plus souvent dirigés au sein des unités combattantes (Division, Régiment, Groupe d’Artillerie…).

Le 2 août 1914, la 6ème S.I.M. dépend du 6ème Corps d’Armée (6ème région militaire) commandé par le Général Sarrail et dont le Quartier Général se trouve stationné à Chalons. Dès le début du conflit le 6ème C.A. se dirige dans le secteur de la Woëvre (vallée de la Meuse) pour s’opposer à toute attaque entre Toul et Verdun tout en couvrant Metz. Les attaques ennemies des 11 août sur Mangiennes et Etain puis des 19 au 23 août sur Lexy, Ville en Montois, Fillières, Longuyon et Arrancy (bataille des Frontières) obligeront le repli du 6ème C.A. sur la rive gauche de la Meuse. Entre le 22 et le 26 août 1914, 10533 hommes seront mis hors de combat. Toutefois, le repli est amorcé. Il durera jusqu’au 4 septembre date à laquelle le 6ème C.A. se positionne dans le secteur de Souilly au nord de Bar-le-Duc parvenant à bloquer l’offensive ennemie qui dispose pourtant de moyens très supérieurs. La contre-offensive du 6ème C.A. s’engage alors sur Souilly, Vassincourt, Sompuis, Maurupt, Vauclerc. Elle s’inscrit dans le plan français d’offensives générales : Lorraine, l’Ourcq, Marne, Maurupt-Verdun et Champagne.

Jules Huon participera comme brancardier au trajet mouvementé des unités combattantes et connaîtra les combats acharnés du bois le Prêtre puis du secteur de Verdun.

Le 1er octobre 1916, Jules Huon est affecté à la 15ème Section d’Infirmiers Militaires (matricule régimentaire n° 04732D) dépendant de la 65ème Division d’Infanterie commandée par le Général Blondin.

A cette date la Division se trouve au repos à Vaubécourt (Meuse), qu’elle quitte le 13 octobre 1916 pour gagner Fromeréville (Meuse) à proximité du secteur Cote 304/Mort-Homme.

La 65ème D.I. reste dans ce secteur-ouest de Verdun particulièrement meurtrier jusqu’au 16 janvier 1917 puis rejoint l’Argonne-est dans le secteur des Islettes où se déroule entre autre une guerre de mines, des bombardements et des coups de main incessants. Le 26 septembre 1917 après relève, la Division est mise en repos puis embarquée à Epernay/Dormans (Marne) pour le front d’Italie.

Débarquée le 1er novembre 1917 la 65ème D.I. fait partie de l’Armée Française d’Italie (Xème Armée). Sa mission est de couvrir la zone de rassemblement de l’armée française située en arrière de la 6ème D.I. italienne (secteur Véronne-Rezzato-Vestone-Maser-Sommacampagna), mission qu’elle exécute jusqu’au 26 mars 1918.

Le 26 mars 1918, la 65ème D.I. est positionnée à SommaCampagna en Italie où elle embarque pour la France. Après déplacement par chemin de fer elle se rend le 29 mars 1918 à Marseille-le-Petit (Oise) près de Beauvais puis gagne Verderel. Au 31 mars 1918, Le Groupe de Brancardiers Divisionnaires dispose d’un effectif de 7 officiers et de 105 hommes de troupe répartis dans les différentes unités combattantes et sanitaires cantonnées dans le périmètre Verderel-Juvignies-Auchy-la-Montagne-La Chaussée-au Bois (Oise).

Le 5 avril l’Etat-Major de la 65ème D.I. (commandée par le Général Blondin) se rend à Saint-Sauflieu (Somme) et l’artillerie de Corps, initialement cantonnée à Abbeville (Somme) vers Guyencourt/Cottenchy (Somme). Le 7 avril la 65ème D.I. est placée sous les ordres du 36ème Corps d’Armée commandé par le Général Nollet.

Le 9 avril 1918, la 65ème D.I. relève la 163ème D.I. qui occupait le secteur d’Ailly-sur-Noye (Somme).

Son Régiment d’artillerie (255ème R.A.L.), composée de 3 groupes, récupère un groupe du 258ème R.A.L. (163ème D.I.), un groupe du 284ème R.A.L. et deux groupes du 301 R.A.L., cet ensemble de moyens étant mis sous le commandement du Colonel Dubuisson. (la carte ci-contre indique l’emplacement des différents groupes de batteries).

Le 14 avril 1918 le 5ème Corps d’Armée remplace le 36ème Corps d’Armée. Le poste de commandement de la 65ème D.I. se trouve à Berny sur Noye (Somme).

La S.I.M. 21 cantonnée à Oresmaux puis au bois de Lozières (Somme) et la S.I.M.15 (dont Jules Huon est attaché) sont affectées au 255ème R.A.L. Les brancardiers de la S.I.M.15 sont répartis au sein des différents groupes d’artillerie et unités combattantes. Jules Huon sera affecté au 2ème groupe du 255ème R.A.L.

Lors de leur mise en position de tir qui sera terminée le 17 avril 1918, les batteries auront a essuyer de nombreux bombardements ennemis par artillerie et aviation qui coûteront un tué et 28 blessés.

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Le 17 avril 1918 Jules Huon, affecté au 2ème Groupe du 255ème R.A.L. est blessé à l’abdomen lors d’un bombardement ennemi ainsi que le brancardier * Le Cerf Albert (Joachim Marie).

Evacué sur un poste de secours immédiat puis vers l’Ambulance d’Armée 3/44 située à Conty (Somme) dans les locaux de l’usine de chapellerie Battersby, Jules Huon décède le 19 avril 1918. (avis du corps de santé n° H20388b des 4 et 12 mai 1918).

Son acte de décès établi par un jugement du Tribunal civil de Reims (Marne) en audience publique du 15 octobre 1920 a été transcrit sur les registres d’état-civil de Reims en date du 2 décembre 1920 par Rousseau Louis Emile, 1er adjoint de Reims.

Nombreux sont les témoignages d’aujourd’hui qui conservent la mémoire de Jules Huon :

  • Le Livre d’or de la commune de Warmériville (Marne);
  • Le Monument commémoratif communal de Warmériville ;
  • La Plaque commémorative située dans la salle de la Mairie de Warmériville ;
  • Le monument commémoratif communal de Montigny sur Vesle (Marne) ;
  • La Plaque commémorative de l’Eglise Saint Jeanne d’Arc de Reims (Marne) ;
  • La Plaque commémorative située dans le Cloître de la Maison Sainte-Sixte de Reims ;
  • Le Livre d’Or du Clergé de France « La Preuve du Sang » (tome 1 page 1027) ;

et enfin :

  • Le Mémorial du Parc de la Vierge de Nampty (Somme)…

dont voici quelques vues :

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 Billet rédigé par Jean-Paul Vasseur

 

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